Ohne Worte_Isabelle Schad - Dance_Frédéric Gies - Praticable - B.A.T_Ion Munduate - vu par Henri Duhamel
à propos de Frédéric Gies et Isabelle Schad
Il y a d'abord ce temps, lent, posé; cette diagonale silencieuse.Cet aller-retour doucereux, introspectif qui s'estompe progressivement. D'autres images vont s'interposer: vigoureuses athlétiques, musculaires, parfois christiques. Suspension de bras, et ce cercle couru. Puis cet alanguissement soudain, ce déhanchement impromptu. La musique arrive et j'ai devant moi le début d'une séance de step ? un entraînement de gym tonique ? que sais je encore. Le corps continue de respirer autant sur cette reprise de "Give me" de ABBA. Les fragments de la "première" partie ( « diagonale silencieuse ») réapparaîssent subreptivement, telles des réminiscences qui s'intégrent sans encombre avec la musique. Cet état introspectif au préalable fut indispensable à ce qui a suivit: l'extraction, "l'extravertion" de soi. Des rires fusent. Décalage? contraste? Pourtant ces accoutrements -aguicheurs et alanguissants- ne m'apparaîssent pas comme tels. Leur mauvais goût, leur aspect a priori cliché deviennent Danse, sans compromis aucun. Ce qui se déroule devant moi, j'ai ai pleinement conscience est (et fût) un grand moment de Danse. Mais je n'ai pas eu cette connivence directe avec ce "décalage musical". Peut-être que cette musique innatendue a créé un point d'accroche pour le public, quelquechose qu'il connait comme une référence culturelle. Mais en mon sens ,la référence culturelle n'est plus ce qu'elle est, et je ne l'ai pas pris comme telle. J’espère que la présence de cette musique n’a pas occulté cette performance et que le public ne gardera que cela en mémoire. C'est ce rire (réactif) et la notion de mauvais goût, de facilité qui m'nterpelle dans cette chorégraphie. Et ce mauvais goût, même si il m'a fait sourire dans un premier temps, il m'a plutôt profondemment boulerversé et était à deux doigts de mobiliser mes glandes lacrymales.
En parlant de glandes… C’est en échangeant quelques mots avec Isabelle Schad après la soirée d’ouverture qu’elle me lance quelques pistes quant à « OHNE WORTE (Praticable) ». Et elle me parle qu’un point de départ de sa création fût un travail autour du système endoctrinien. Je vais donc feuilleter de suite Le petit Robert: « endoctrine : se dit des glandes à sécrétion interne dont les produits sont déversés directement dans le sang ». Cet aspect organique, cette mécanique physiologique transparaît dans ces instants quasi obsessionnels où elle concentre toute son activité sur un membre (par exemple long moyen de travail sur la pointe des pieds). J’ai ressenti cet aspect expérimental face à son corps et cette exploitation de soi, tout en en étant détachée. Détachement visible par la puissance de son regard qui s’écarquille sans cesse, se projette, tout en étant très intérieur, et étonné de ce qu’elle découvrait. A cette trituration interne se superpose un autre registre, celui du personnage. Dans notre petite conversation, elle cite quelques références –appuis de son travail- (la pantomine, la tradition clownesque, Buster Keaton,cinéma de Tati,..) mais leur utilisation reste libre, non littérale. Il n’y a évidemment aucun dogmatisme dans leur ré-utilisation. Le fait de commencer sur des applaudissements et sur un air d’opéra interroge le statut de personnage, du performer, de la danseuse. Quand y’a-t-il démonstration ? Quand se met elle en scène ? Car en mon sens , il ne peut y avoir de construction artificielle d’un personnage en danse contemporaine. Il y a toujours une authenticité, une vérité interne.
Et c’est ces aspects (concernant le rire « facile », le mauvais goût, le cliché, le personnage, le burlesque) développés également dans le travail de Frédéric Gies, qui m’ont particulièrement interpellé.
Réactions public isabelle et frédéric
« Deux beaux roux. Concernant Frédéric : tu ne t’attends pas à le voir sur scène. Plein de contrastes. Il a décomposé chaque mouvement ; puis avec la musique : il chorégraphiait et reprenait la première partie, et çà colle super bien! Il était juste un corps, juste au service des mouvements. Lien regard/âme. Part de fénimité chez l’homme à ne pas omettre. Il a joué avec contrastes. Si il n’y avait pas la musique au début, y’aurait pas de sens.Concernant Isabelle: décage entre corps et esprit, un recul comme si elle observait son propre corps . La personne intérogée note une expérience (non spécifique à cette représentation en particulier, mais en général). Pendant la représentation ll s’effectue une association entre les odeurs des gens (spectateurs voisins) et ce qui se passe sur scène. Encore une autre dimension à exploiter dans l’univers de la dans contemporaine…
Réactions public concernant BAT
« Je…non…euh…pfff. Heureusement que c’était pas trop long. Déjà les animaux j’aime pas. C’est marrant, j’ai pas ri » J’ai par chance trouvé d’autres spectateurs avec qui j’ai engagé des discussions, un tantinet plus constructives. Il y avait donc mis en avant le parrallèle subtil entre l’acteur jouant l’animal et l’animal : analogies comportementales entre les caractéristiques humaines et animales. Et ainsi, des comportements humains transparaissaient et renvoyaient à nous même (idée de zoo). Des questionnements surgissent quant au statut de cette réprésentation : théâtre? danse ?. De part l’occupation de l’espace, la gestion du corps avec la résurgence de spasmes (mouvements instinctifs, frottements,…), on comprend après coup la présence de « cette pièce de théâtre » (mise entre guillemets énormes) au sein de ce festival de danse. Mais le théâtre ne peux se résumer à un texte. D’autant plus, durant leurs exposés scientifiques, les interprètes n’endossent pas un rôle à proprement parlé mais sont davantage eux même. Ce type de démarche fait partie incontestablement de la danse. Le fait que le spectacle a était traduit en français pour sa représentation à Valenciennes induit peut-être un certain manque de liberté (et une rupture du rythme), chez les interprètes qu’il ne doit pas y avoir avec leur langue « maternelle » ( l’espagnol). Ces apparentes gênes peuvent être sommaires, en effet, car il y avait parfois des parasitages entre les interprètes qui agissaient simultanément dans leur discour et leurs actions. On vagabondait de l’un a l’autre, au gré de leur démonstration. Ils bifurquaient sans arrêt. Fausses pistes? Canulars? Reste encore la question du « roi des rats » à démêler…
Il y a d'abord ce temps, lent, posé; cette diagonale silencieuse.Cet aller-retour doucereux, introspectif qui s'estompe progressivement. D'autres images vont s'interposer: vigoureuses athlétiques, musculaires, parfois christiques. Suspension de bras, et ce cercle couru. Puis cet alanguissement soudain, ce déhanchement impromptu. La musique arrive et j'ai devant moi le début d'une séance de step ? un entraînement de gym tonique ? que sais je encore. Le corps continue de respirer autant sur cette reprise de "Give me" de ABBA. Les fragments de la "première" partie ( « diagonale silencieuse ») réapparaîssent subreptivement, telles des réminiscences qui s'intégrent sans encombre avec la musique. Cet état introspectif au préalable fut indispensable à ce qui a suivit: l'extraction, "l'extravertion" de soi. Des rires fusent. Décalage? contraste? Pourtant ces accoutrements -aguicheurs et alanguissants- ne m'apparaîssent pas comme tels. Leur mauvais goût, leur aspect a priori cliché deviennent Danse, sans compromis aucun. Ce qui se déroule devant moi, j'ai ai pleinement conscience est (et fût) un grand moment de Danse. Mais je n'ai pas eu cette connivence directe avec ce "décalage musical". Peut-être que cette musique innatendue a créé un point d'accroche pour le public, quelquechose qu'il connait comme une référence culturelle. Mais en mon sens ,la référence culturelle n'est plus ce qu'elle est, et je ne l'ai pas pris comme telle. J’espère que la présence de cette musique n’a pas occulté cette performance et que le public ne gardera que cela en mémoire. C'est ce rire (réactif) et la notion de mauvais goût, de facilité qui m'nterpelle dans cette chorégraphie. Et ce mauvais goût, même si il m'a fait sourire dans un premier temps, il m'a plutôt profondemment boulerversé et était à deux doigts de mobiliser mes glandes lacrymales.
En parlant de glandes… C’est en échangeant quelques mots avec Isabelle Schad après la soirée d’ouverture qu’elle me lance quelques pistes quant à « OHNE WORTE (Praticable) ». Et elle me parle qu’un point de départ de sa création fût un travail autour du système endoctrinien. Je vais donc feuilleter de suite Le petit Robert: « endoctrine : se dit des glandes à sécrétion interne dont les produits sont déversés directement dans le sang ». Cet aspect organique, cette mécanique physiologique transparaît dans ces instants quasi obsessionnels où elle concentre toute son activité sur un membre (par exemple long moyen de travail sur la pointe des pieds). J’ai ressenti cet aspect expérimental face à son corps et cette exploitation de soi, tout en en étant détachée. Détachement visible par la puissance de son regard qui s’écarquille sans cesse, se projette, tout en étant très intérieur, et étonné de ce qu’elle découvrait. A cette trituration interne se superpose un autre registre, celui du personnage. Dans notre petite conversation, elle cite quelques références –appuis de son travail- (la pantomine, la tradition clownesque, Buster Keaton,cinéma de Tati,..) mais leur utilisation reste libre, non littérale. Il n’y a évidemment aucun dogmatisme dans leur ré-utilisation. Le fait de commencer sur des applaudissements et sur un air d’opéra interroge le statut de personnage, du performer, de la danseuse. Quand y’a-t-il démonstration ? Quand se met elle en scène ? Car en mon sens , il ne peut y avoir de construction artificielle d’un personnage en danse contemporaine. Il y a toujours une authenticité, une vérité interne.
Et c’est ces aspects (concernant le rire « facile », le mauvais goût, le cliché, le personnage, le burlesque) développés également dans le travail de Frédéric Gies, qui m’ont particulièrement interpellé.
Réactions public isabelle et frédéric
« Deux beaux roux. Concernant Frédéric : tu ne t’attends pas à le voir sur scène. Plein de contrastes. Il a décomposé chaque mouvement ; puis avec la musique : il chorégraphiait et reprenait la première partie, et çà colle super bien! Il était juste un corps, juste au service des mouvements. Lien regard/âme. Part de fénimité chez l’homme à ne pas omettre. Il a joué avec contrastes. Si il n’y avait pas la musique au début, y’aurait pas de sens.Concernant Isabelle: décage entre corps et esprit, un recul comme si elle observait son propre corps . La personne intérogée note une expérience (non spécifique à cette représentation en particulier, mais en général). Pendant la représentation ll s’effectue une association entre les odeurs des gens (spectateurs voisins) et ce qui se passe sur scène. Encore une autre dimension à exploiter dans l’univers de la dans contemporaine…
Réactions public concernant BAT
« Je…non…euh…pfff. Heureusement que c’était pas trop long. Déjà les animaux j’aime pas. C’est marrant, j’ai pas ri » J’ai par chance trouvé d’autres spectateurs avec qui j’ai engagé des discussions, un tantinet plus constructives. Il y avait donc mis en avant le parrallèle subtil entre l’acteur jouant l’animal et l’animal : analogies comportementales entre les caractéristiques humaines et animales. Et ainsi, des comportements humains transparaissaient et renvoyaient à nous même (idée de zoo). Des questionnements surgissent quant au statut de cette réprésentation : théâtre? danse ?. De part l’occupation de l’espace, la gestion du corps avec la résurgence de spasmes (mouvements instinctifs, frottements,…), on comprend après coup la présence de « cette pièce de théâtre » (mise entre guillemets énormes) au sein de ce festival de danse. Mais le théâtre ne peux se résumer à un texte. D’autant plus, durant leurs exposés scientifiques, les interprètes n’endossent pas un rôle à proprement parlé mais sont davantage eux même. Ce type de démarche fait partie incontestablement de la danse. Le fait que le spectacle a était traduit en français pour sa représentation à Valenciennes induit peut-être un certain manque de liberté (et une rupture du rythme), chez les interprètes qu’il ne doit pas y avoir avec leur langue « maternelle » ( l’espagnol). Ces apparentes gênes peuvent être sommaires, en effet, car il y avait parfois des parasitages entre les interprètes qui agissaient simultanément dans leur discour et leurs actions. On vagabondait de l’un a l’autre, au gré de leur démonstration. Ils bifurquaient sans arrêt. Fausses pistes? Canulars? Reste encore la question du « roi des rats » à démêler…
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